La maternité respectée

La maternité respectée

Rediffusion du 13 décembre 2007

Dans la vie des femmes, la maternité a la plupart du temps une place importante. De la grossesse aux soins prodigués au petit enfant, en passant par l’accouchement, la femme est sans cesse sollicitée dans son corps. Et nous essayons de vivre au mieux ces moments importants. Or, nous vivons aujourd’hui dans une société qui suit ses règles, ses principes, souvent au détriment de la nature des choses, telle qu’Allah l’a créée. Ce qui est naturel tend à être médicalisé, donc à être perturbé.
Il nous faut être confiantes en la Sagesse d’Allah, Il a parfait Sa création. Il nous a donné la capacité de porter un enfant et d’enfanter. Et Il nous a donné des indications quant aux soins à lui prodiguer.

La grossesse

Pendant la grossesse, on fait sentir à la femme qu’elle est une malade potentielle, qu’il faut la suivre médicalement, « au cas où »… Cela se traduit par des visites mensuelles chez le gynécologue se résumant le plus souvent au systématique toucher vaginal, aux questions concernant son poids, les prises de sang et l’analyse d’urine à faire. Le praticien n’a en général pas le temps de parler d’autre chose. La grossesse se limiterait donc à ces actes ?
On ne donne pas le choix à la femme et on lui fait croire que ces actes sont obligatoires, indispensables à sa santé. Or, il n’en est rien. La femme a le droit de choisir la façon d’être suivie. Et tant que sa grossesse est physiologique, se passe normalement, elle peut choisir d’être suivie non plus seulement par un gynécologue (obstétricien ou pas), mais aussi par une sage-femme, formée, elle, à suivre et à envisager la grossesse sous un jour plus « humain ». La grossesse entraîne de grands changements dans la tête et le corps de la femme, dont on peut avoir besoin de parler. Et la sage-femme (surtout libérale) est là pour écouter, expliquer, rassurer. Elle fait les actes nécessaires, mais ne tombe pas dans le systématique. Le toucher vaginal, par exemple, n’est pratiqué qu’en cas de nécessité, si d’autres signes appellent cette vérification du col de l’utérus.

L’accouchement

Pour l’accouchement, la plupart des femmes, dans notre société, vont dans une maternité. On ne leur donne ni le choix du lieu, ni le choix de la façon dont elles vont accoucher. La maternité applique ses protocoles, sans les remettre en question.
Mais de plus en plus de femmes se posent des questions, suite à un accouchement qui s’est mal passé ou parce qu’elles ont eu une information différente de celle qui est généralement donnée en milieu médicalisé. En effet, lors d’un accouchement dit « normal », la femme a au moins droit au monitoring en continu, à une perfusion. Par la suite, si l’accouchement traîne un peu (et tout est relatif au temps que la maternité peut accorder à un seul accouchement), on lui injecte des ocytociques pour accélérer le travail, puis elle a « droit » à la péridurale parce qu’elle ne peut plus supporter les contractions, et au minimum, la plupart du temps à une épisiotomie. Un geste médical en entraîne un autre. Et surtout, une fois que le bébé est là, « s’il va bien, alors tout va bien, on oublie tout ». Ce n’est pas la réalité des choses : combien de femmes souffrent de ces actes pratiqués dans leur chair, des semaines, des mois, voire des années après ?

Cette suite d’actes médicaux n’est pas une fatalité. Sinon, nous serions amenées à penser que la capacité d’enfanter dont nous a dotées Allah, serait moindre que celle de nos mères et nos grands-mères. Or, des femmes accouchent naturellement, sans médicalisation de cet événement : certaines par « accident », d’autres parce qu’elles le veulent et sont informées.
Informées de quoi ? De la nocivité de certaines pratiques, du risque d’enchaînement des gestes médicaux lorsqu’on en accepte un premier, des pratiques systématiques en milieu médical…
L’accouchement est un événement naturel, constructeur de la relation à venir mère-enfant et de la vie future de cet enfant. D’où la nécessité de ne pas le perturber, afin que l’équilibre subtil des éléments qui permettent la naissance puisse se mettre en place. Allah, dans Sa Sagesse, a fait que dès les premières contractions, notre corps commence à sécréter ses propres anti-douleurs, par exemple. Si l’on perturbe le processus physiologique, on prend le risque d’avoir recours aux gestes médicaux qui ne remplaceront jamais ce qu’Allah a fait en qualité, au moment approprié, en dose idéale. La main de l’homme et son savoir restent humains, avec les erreurs qu’ils peuvent induire et les conséquences que cela peut engendrer.

Alors que faire face aux normes qui nous sont imposées ?

Tout d’abord s’informer, car si l’on se limite à ce qu’il est traditionnellement dit, on n’a qu’une vision partielle des choses, quand elle n’est pas faussée par des intérêts différents de ceux de la femme enceinte. Par le biais d’Internet ou d’associations de parents/futurs parents, on peut avoir accès à une vision différente de la grossesse, de la naissance et du maternage.

Ainsi, on apprend que les gestes pratiqués en maternité ne sont pas une fatalité et que l’accouchement peut être envisagé sous un angle différent, plus respectueux de la mère et du bébé. Si la femme peut se déplacer, bouger, au lieu d’être immobilisée par une perfusion et le monitoring, le travail avance mieux donc pas besoin d’injection d’ocytocine. De ce fait, les contractions sont moins douloureuses donc pas besoin de péridurale, par exemple. Autre exemple, l’épisiotomie que beaucoup redoutent (à juste titre) peut être évitée si on laisse la femme prendre la position qu’elle ressent le mieux pour elle (assise, debout, accroupie…).
La douleur peut être soulagée autrement que par la péridurale : un bain, la liberté de mouvements, l’homéopathie, l’acupuncture, le massage…
En ce qui concerne le bébé, on apprend par exemple que le fait de couper le cordon uniquement lorsqu’il a cessé de battre permet au nouveau-né de s’adapter en douceur à la respiration pulmonaire, voire l’aider en cas de problème (puisqu’il est toujours oxygéné par le cordon). De même, ne pas le laver permet de garder cet enduit blanchâtre (vernix) qui recouvre sa peau et la protège des microbes (la peau l’absorbe toute seule). Si on évite ainsi des « soins » parfois inutiles voires nocifs, la maman peut garder son bébé sur elle (pas de déperdition de chaleur, donc pas besoin de couveuse), faire connaissance avec son bébé (les 1ers instants sont primordiaux pour leur relation et la vie future de l’enfant), le mettre au sein pour favoriser un bon départ de l’allaitement.

Par la suite, si l’on envisage d’accoucher en maternité, on peut, faire un projet de naissance, qui permet de mettre à plat les pratiques des maternités afin de faire le tri des choses que l’on peut accepter et de celles que l’on veut éviter. Ceci fait, il faut encore en discuter avec le personnel de la maternité qui va nous suivre afin de négocier ce qui est possible de part et d’autre.

Une autre solution est d’envisager un accouchement à domicile. Aujourd’hui, peu de femmes encore, optent pour cette possibilité, par manque d’information, mais de plus en plus se tournent vers ce choix. L’accouchement à domicile (AAD) est tout à fait possible, la plupart du temps accompagnée par une sage-femme libérale qui s’occupe du suivi de la grossesse, de l’accouchement et du suivi post-natal. La naissance à la maison est plus respectueuse du processus physiologique de l’accouchement, de l’intimité de la femme et de ses choix relatifs aux soins à donner au bébé et elle est aussi sécurisée qu’en maternité, dans la mesure où une sage-femme est présente constamment et peut détecter à temps un éventuel problème (et delà décider un transfert vers la maternité).

Nous pouvons, bi idhnillah, en nous informant, éviter que notre accouchement soit une suite de gestes médicaux plus ou moins justifiés et lourds de conséquences, et faire que la naissance de notre enfant se déroule dans le respect et l’intimité qui lui est nécessaire.
cc flickr par comecloser

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2 Commentaires pour “La maternité respectée”

  1. 1.Posté par oumabderrahman le 13/12/2007 23:06
    Assalamu ‘alaykoum

    Barakallahu fiki, te voilà de retour dans ton domaine hi hi, Anazai74 notre référente MM pour ce qui concerne l’accouchement respecté! J’espère que tu vas bien.

    J’avoue qu’après avoir vécu un AAD, je serais très affectée de devoir revivre le suivi de grossesse ou l’accouchement dans un milieu hospitalier. Au premier rdv que j’avais eu avec ma sf, ça me faisait bizarre de ne pas avoir eu de toucher vaginale, prise de poids et tout le tralala, mais à la place, j’ai eu: aromathérapie, discutions sur ma vie, mes appréhensions, mes difficultés et puis… relaxation/massage avec fond de chants d’oiseaux… C’était bien macha’Allah!
    Au dernier mois de grossesse, j’ai du aller au rdv à l’hôpital (dans lequel j’avais accouché de mon fils) pour l’anesthésie (en fait c’était au cas où l’aad n’ait pas lieu). Je suis arrivée avec 15 minutes d’avance mais impossible de trouver une place car il y avait des travaux dans l’hôpital, j’ai tourné tourné tourné jusqu’à avoir les larmes aux yeux… Dépitée, je me gare n’importe où et arrive 15 min en retard, je sèche mes larmes (qu’est-ce qu’on est sensible quand on est enceinte!). Une jeune sf me prend immédiatement (pour une fois… Pour mon fils, je me rappelle avoir déjà attendu une heure et demi parce qu’ils avaient du retard) et avant même de me demander quoi que ce soit, me dit très sèchement que vue l’heure à laquelle j’étais arrivée, elle ne devait pas me prendre, qu’elle l’a fait parce qu’il n’y avait personne après mais que si ça recommençait, je pourrais rentrer chez moi et reprendre rdv. Je fonds en larmes (j’étais déjà tendue, il en fallait peu) et, au lieu de me consoler, elle a procédé à son examen habituel, ses questions inutiles,… J’ai refusé le toucher vaginale et lui ai dit que j’espérais de tout mon cœur ne jamais la revoir tant je l’ai détestée à ce moment. Je crois que c’est à ce moment que j’ai fait les dou’as les plus intenses pour que l’accouchement ait lieu à la maison, histoire de ne pas avoir la possibilité de « tomber » sur ce genre de personne (sf et inhumaine, c’est un paradoxe).

    Allez, vivement un p’tit troiz incha’Allah pour revivre ce merveilleux moment qu’est l’accouchement chez soi!… Enfin vivement… Mes deux bout’choux sont encore si bébés!…

    2.Posté par oum mus3ab le 14/12/2007 00:02
    salam ma soeur,
    vos textes me redonnent envie de revivre cette phase si belle de la vie d’une femme . Mon pemier accouchement c’est passé comme d’écrit dans l’article , tout simplement inhumain , et contre les lois d’Allah . Je me suis laissé faire tout en ayant conscience (et surtout par la suite ) que ce n’était pas ce que je voulais . Aprés mainte recherches , lectures , contactes je savais ce que je voulais , mais j’était souvent prise pour une extra terrestre par mon entourrage le plus proche . Mon deuxième enfant je l’ai eut à l’hopital (pour la sécurité au cas ou …) mais avec la sage femme de mon choix qui m’a rendue visite plusieur fois avant l’accouchement , on était seule sans medecin dans la salle .Et j’ai tout de suite ressenti la différence avec le premier acccouchement : tout d’abord ce calme , j’avait le temps de faire des douaas , de ressentir comment mon enfant passé à travers mon bassin , de respirer calmement , c’est moi qui maîtriser la situation et non la peur ou la douleur ; j’était cette fois ci consciente de la grandeur de ce miracle d’ALLAH .
    Mon bébé est né et je l’ai tout de suite allaitée , pas d’épisiotomie , je pouvais profiter pleinement de ce premier contact corporelle sans « me faire coudre » .
    c’était un trés beau moment . Pour mon troisième , je ne suis plus allez chez ma gynécologue , et je suis partis dans une « maison de naissance » « Geburtshaus » , cet un bel endroit on s’y sent comme à la maison , et il n’y a que des sages femmes . On a passé bcp de moment à parler , boire du thé , à écouter le coeur de bébé battre …c’était trés paisible , agréable , naturel ….J’ai laissé mon bébé choisir le jour de sa naissance , il est venue 10 jours aprés la date prévue . J’ai attendue le dernier moment pour y aller et mettre mon bon bout de chou au monde , aprés trois heures je suis retournée chez moi (la soeur qui me guardait les autres bouts de chou croyait que c’était une fausse alerte , seulement le lendemain en me voyant avec bébé 3 qu’elle a compris que j’avais accoucher , elle était trés étonnée ) .J’ai bien dormis et bébé aussi .
    Peut-être que la quatrième fois l’accouchement se passera chez nous ,et que l’événement sera plus beau , je l’espère tellement …..incha’ALLAH . Amin .

    3.Posté par Oum Sawsane le 14/12/2007 14:22
    Salam aleikoum

    Machaallah, j’en parlais justement ce matin avec mon epoux. BarakAllahoufiki pour ton article, inchaallah je vais lui faire lire.

    Oum Mus3ab, si j’ai bien compris tu es d’Allemagne, moi aussi machaallah, je suis vraiment interessée par les Geburtshaus, pourrions nous en parler sur msn ?
    http://nabillette.canalblog.com

    4.Posté par oum mus3ab le 14/12/2007 15:44
    avec plaisir ma soeur !
    salam !

    5.Posté par hawa le 15/12/2007 03:31
    salam alaykoum mes soeurs,

    je suis une soeur de montréal (canada).

    j’ai trés apprécié votre article mais je ne suis pas d’accord avec certains point.

    la technologique fait partie de l’évolution de l’humanité. l’islam n’interdit pas.

    c’est mon opinion. je vous souhaite un tres bon aid et une trés bonne année

    une priére particulier pour nos soeurs et nos fréres en palestine, irak, afghanistan, somalie et dans le monde.

    wa salam aleykoum

    6.Posté par Rizlaine Oum Malâk le 25/02/2009 12:27
    salam aalaykoum,

    Barakallahoufik anazai74 pr ce manigifique article riche en émotions.

    Je voudrais vous communiquer l’adresse d’un site SUPER qui traite de l’AAD, l’accouchement en milieu hospitalier, soins mère-enfant postpartum, allaitement, … C’est une vrai mine d’or d’informations, je voue le recommande vivement.

    Bizoux à toutes
    http://accoucherautrement.free.fr/index.htm
    http://www.coranweb.com

  2. assalam alaikum

    Pour cette grossesse j’ai choisi d’être suivi par une sage femme liberale en pensant que ca serait « plus humain ».Une horreur pire que la gyneco une batterie d examen alors que je lui ai apporté la preuve de mon immunité pour la toxo et la rubéole en autre(meme l infirmiere a été etonnée de la prescription de la prise de sang tellement elle etait longue)elle voulait me voir tous les 15 jours alors qu il ni avait pas de souci, sans parler du toucher vaginal systematique à 10 semaines (que j ai refusé d ailleur) bref j’ai cessé de la voir je pense qu elle etait trop jeune et donc trop scolaire c est pour ca.Sans parler du fait que j’ai eu énormement de mal à trouver à la base une sage femme liberale dispo. kheir inchaallah