Tempus fugit

Tempus fugit

Témoignage. Nous laissons aujourd’hui la parole à une jeune femme qui souhaite nous parler du temps qui passe, ce temps qu’on laisse filer sans même y réfléchir, ce temps qui nous échappe.

Je viens d’avoir 32 ans. Et dans une société dans laquelle le culte du jeunisme règne, je me sens vieille. Et comme le font souvent les personnes âgées, je me retourne vers mon passé pour voir ce que j’ai fait de ma vie.

Je me rappelle de mes 16 ans. Je me sentais « grande » mais je n’avais la tête remplie que de futilités.

Puis mes 18 ans. Aaaaaaaaaahhhh 18 ans la majorité! Le bac, le permis et le difficile choix des études. Je mûris un peu et me rends compte du rôle de mes parents. J’arrête aussi de prendre pour acquis tout ce que me racontent les gens sur la religion. Je suis Arabe et Musulmane et j’essaie de savoir ce que cela implique et représente.

S’écoulent ainsi 7 ans sans que je ne les voie réellement passer.

J’ai 25 ans. Bam! Un quart de siècle et des changements en perspective. Je sors diplômée de mon école d’ingénieurs, je trouve aussi mon premier travail. J’acquiers une autonomie financière, rencontre celui qui deviendra mon mari et…

Me voici à 30 ans. Mais qu’ai-je fais de ces 5 années? Travailler, checker mes mails, un ciné de temps en temps et puis…

Et puis je ne me pose pas trop de questions mais je sens que l’idée d’accomplissement personnel commence à se faufiler. Mais je n’ai pas le temps de m’appesantir sur le sujet. Je cours de droite à gauche, des fiançailles à organiser, un appartement à acheter, le mariage dans la lancée et voilà encore une année de passée.

Nous voilà en 2010. Cette année a complètement changé ma façon de percevoir la vie.
Janvier 2010 je vois ma meilleure amie haïtienne anéantie par le séisme qui touche son pays. Nous prions souvent. Revient sans cesse la question du « pourquoi? » et les regrets de « si j’avais su ».
Février 2010. C’est à mon tour d’être touchée par un drame. Pour faire simple ma famille s’est faite agresser à notre domicile par notre voisin. Bilan : papa à l’hôpital pendant 3 semaines, 17 points de suture pour maman et des traumatismes à la pelle aussi bien physiques que psychologiques pour nous tous.

Et quelles leçons puis-je tirer de tout cela? Une seule c’est Al Hamdullah. J’aurais pu tout perdre mais Allah azawajal dans Sa grande bonté a préservé tous les miens. Il m’a donné encore une chance de profiter de ma famille et du temps qui passe.
C’est à cela que je voulais en venir. Nous sommes toujours sollicitées dans notre quotidien. Il faut courir de droite à gauche. Aller travailler, s’occuper du ménage, des courses, des enfants…
Combien de fois s’est on dit qu’ » il faut que j appelle X pour avoir de ses nouvelles ». Mais pas aujourd hui je n’ai pas le temps…
Combien de fois a t on regardé ce livre qu’on a envie de lire mais « on n’a pas le temps ». Des exemples comme ceux là je pourrais en citer à la pelle.

Ce temps, mes soeurs fillah, nous l’avons. Il suffit juste de se l’accorder sans culpabiliser.
Se libérer de son quotidien pour faire quelque chose qui nous permettra de nous accomplir personnellement nous permettrait d’être meilleure épouse, mère et croyante. Et surtout nous empêchera de passer à côté de la vie qu’Allah nous a offert.

cc Flickr by Forty Two.

Rendez-vous sur Hellocoton !
Twitter Digg Delicious Stumbleupon Technorati Facebook

6 Commentaires pour “Tempus fugit”

  1. Très beau témoignage, qui remet les pendules à l’heure!
    Je me reconnais (nombreuses d’entre nous j’imagine) pour les appels et le livre.
    Oui, ce temps nous l’avons. « Il suffit juste de se l’accorder sans culpabiliser. » Pour ma part je culpabilise rien qu’à l’idée de vouloir le prendre ce temps. J’ai un gros travail à faire sur moi-même, incha Allah, bientôt je ne culpabiliserai plus de prendre du temps pour moi.
    BarakAllahou fik pour ce témoignage oukhty.

  2. Essalam alaykoum wa ramatoullah wa barakatou
    ne pas culpabiliser de prendre du temps…mais aussi et surtout ne pas remettre a demain ce qui peut etre fait le jour meme surtout quand cela concerne de bonnes actions ou des actes d’adoration envers notre Créateur car seul Allah sait quelle sera notre Heure.
    Trés beau tmoignage ma soeur anonyme qu’allah t’accorde ce temps necessaire et t’accompagne a chaque instant de ta vie ainsi qu’a toutes les autres soeurs et femmes qui s’y reconnaitront.

  3. Exact oukhti…
    Prendre conscience de ce temps qui passe…

  4. As-Salam Alaykoum

    Merci chère soeur anonyme pour ce rappel sur le temps que nous savons si souvent malheureusement gaspillé… Ma grand-mère dit « ce n’est pas le temps qui passe mais nous qui passons » !
    Qu’Allah te préserve ainsi que ta famille. Les épreuves que nous subissons sont des rappels de sa toute puissance, Al HamdulilLah, pour mieux revenir vers Lui.
    Souvenons nous également que même les actes du quotidien (s’occuper de ses enfants, de son foyer etc) peuvent devenir de l’adoration, si nous nous y appliquons avec sincérité. C’est un effort constant de vivre surtout pour la vie future, mais quelle récompense !

  5. Merci beaucoup pour ces commentaires

  6. Beau témoignage!
    et n’oublions pas que nous serons questionnés sur ce que nous avons fait de notre temps…