Connaître sa fertilité

Connaître sa fertilité

Avec l’émancipation de nos consciences, nous modifions nos relations à nous-même et au monde qui nous entoure. Nous interrogeons nos choix de vie et parfois les changeons. Que ce soit par respect de la création, dans un soucis écologique; ou par respect des créatures, dans un soucis plus sanitaire; nous nous efforçons de « ne pas nuire »!

Musulmane, nous savons que nous rendrons des comptes sur l’usage que nous avons fait de notre environnement, de notre santé, du monde tant au niveau écologique, qu’au niveau social, que nous laisserons à nos enfants. Bon nombre de débats actuels peuvent être conformes à nos aspirations de croyantes, dans l’adoration que nous vouons a Dieu. C’est dans cet ordre d’idées que je vous présente cette série d’articles sur les signes de la fécondité.

Beaucoup de femmes souhaitent augmenter leurs connaissances dans ce domaine pour asseoir le choix qui leur conviendra. J’insiste sur le fait que l’important pour moi est ici de transmettre des connaissances, et que le choix de se fier a une méthode ou une autre ne peut se faire que par chacune d’entre nous en son âme et conscience, relativement à sa réalité personnelle, familiale, à sa santé, à ses aspirations. L’information est à notre portée, Allah Malik alHamd, le choix est de notre responsabilité propre.

La fertilité, s’il est possible d’en reconnaître des signes, n’est pas l’affaire de la femme uniquement, mais bien une affaire de couple. L’idéal aurait été que nous soyons toutes formées à cela dans notre jeunesse (mamans, pensez à instruire vos filles), mais que nos maris en connaissent aussi l’existence pour qu’ils soient acteurs à leur tour dans ce jeu de couple (mamans, pensez à informer vos fils).

Savoir prévoir et repérer dans le cycle féminin la période de fécondité, permet d’être acteur de sa vie parentale. La méthode peut aider à favoriser la grossesse, ou à la différer, en adaptant les rapports sexuels au moment du cycle dans lequel on se trouve. Certains parlent de « contraception naturelle », « contraception verte », « planification naturelle des naissances », les approches sont multiples mais toutes se rejoignent quant aux signes à observer : température basale, glaire cervicale, col de l’utérus.

Nous détaillerons tour à tour ces différents points, mais pour bien introduire le sujet,  faisons un tour sur la fécondité elle-même.

On parle généralement de la fertilité en sous-entendant féminine, puisque celle-ci est cyclique et varie donc plus fréquemment que la fertilité de l ‘homme. Mais dans un couple, la fertilité dépend des deux membres. La fertilité masculine, différente d’un homme à l’autre, et d’une semence à une autre chez un même homme, s’installe à la puberté. Elle est en lien avec le nombre et la qualité des gamètes (spermatozoïdes) présents dans la semence (sperme). Même si leur nombre diminue avec l’âge, leur production perdure tout au long de la vie de l’homme. Ainsi la fertilité masculine se poursuit dans la vieillesse, à la différence de la fertilité féminine. La qualité des gamètes quant à elle, peut être altérée par la consommation de tabac, d’alcool, de drogues, et l’exposition à certains produits polluants concentrés notamment sous forme de pesticides, fongicides, produits pharmaceutiques. Enfin certaines infections liées à des MST peuvent aussi perturber durablement la fertilité masculine.

La fertilité féminine,nous parlerons de fertilité naturelle, pour souligner qu’il s’agit de fertilité théorique, en dehors de tout usage de contraceptifs hormonaux perturbateurs. Cette fertilité naturelle a un rythme, elle est cyclique, elle se recommence régulièrement dans une même succession de phases. On différenciera une phase de menstrues en début de cycle, une phase d’infertilité relative (ses 2 phases forment la période pré-ovulatoire), puis une phase de fertilité (phase ovulatoire), finalement une phase d’infertilité absolue (post-ovulatoire); à laquelle succèdera un retour des menstrues et donc le début d’un nouveau cycle.

Cet ordre répond à des productions hormonales au niveau des ovaires, sous contrôle de l’hypothalamus (glande du cerveau). Chaque hormone, œstrogène et progestérone, agissent différemment et à des moments bien déterminés, et orchestrent le déroulement des différentes phases, déclenchant des signes visibles et mesurables permettant à chaque femme de se repérer dans son cycle.

La fécondité de la femme est directement liée à la libération d’un ovule dans une trompe (dite de Falloppe) le conduisant de l’ovaire vers l’utérus. Cet ovule reste vivant 8 à 12h. Quelques femmes, quelques fois, on une seconde ovulation suivant la première de quelques heures, ce qui emmène à dire que la fécondité de la femme dure sur 24h à l’intérieur d’un cycle. C’est dans cette période que l’ovule peut être fécondé et qu’une éventuelle grossesse peut s’installer.

Toutefois cette fertilité théorique de la femme est à mettre en parallèle de celle de l’homme, pour avoir une idée de la période réelle de fécondité du couple. En milieu favorable les spermatozoïdes peuvent vivre jusqu’à 6 jours[1] et ainsi être prêt dés l’ovulation à féconder l’œuf libéré. La période de fertilité du couple s’étend alors des 6 jours précédant l’ovulation, aux 24h suivants la libération de l’ovule dans le corps féminin. C’est cette période qu’il nous faut apprendre à repérer pour une utilisation de planification des naissances.

Le point de départ d’un éventuel changement de votre méthode contraceptive se trouve dans un dialogue de fond au sein du couple puisque c’est ensemble que vous en assumerez la gestion. Les couples qui choisissent la planification le font souvent par choix de responsabilisation de leur santé. C’est une méthode qui paraît a certain de prime abord comme contraignante sur la vie sexuelle, puisqu’elle implique de trouver d’autres moyens contraceptifs (mécaniques), durant la période de fertilité, ou d’autre façon d’échanger physiquement au sein du couple. Elle permet pourtant un dialogue de fond et une construction autre des rapports homme-femme qui peuvent être profitables. Elle nous offre aussi, finalement, d’être acteur dans notre désir d’enfants, de nous poser de vraies questions sur nos choix de vie, nos souhaits familiaux.

Pour l’aborder en théorie, nous ferons un tour des contraceptions classiques, afin de savoir l’éventail des choix qui est le notre dans notre époque moderne; et savoir qu’elles alternatives existent en période de fertilité. La méthode de planification même lors de son apprentissage pratique n’est en effet pas compatible avec une contraception hormonale puisque pour observer les signes durant le cycle, il faut qu’il y ait bien cycle, et donc ovulation. Ce que les pilules, implants, patch empêchent, ainsi que les modèles intra-utérin (stérilet) contenant, pour certains,  un principe hormonal. Par ailleurs, un usage prolongé de ces méthodes peut nécessité par la suite un certain temps avant que les cycles reprennent un fonctionnement « normal ». Ces présentations feront l’objet d’un prochain article afin de ne pas trop étoffer celui-ci.. Par la suite nous aborderons les différentes observations sur lesquelles il est possible de s’appuyer : température basale, glaire cervicale, col de l’uterus. Vous serez ensuite outillées pour faire un choix éclairé de ce qui vous convient actuellement, et revoir ce choix ponctuellement dans des moments charnières de vos vies,pour vous assurez qu’il correspond à vos impératifs, vos priorités, vos consciences, vos personnes…

A vous de démarrer déjà vos réflexions personnelles, ou en couple. Vous voilà avec une base de départ avant d’évaluer la faisabilité.

[1] Wilcox AJ et al. Timing of sexual intercourse in Relation to ovulation. N. english J. medicine 345 (2001) : 1388-1393

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5 Commentaires pour “Connaître sa fertilité”

  1. 1.Posté par maymoona le 12/10/2009 08:36
    Salam aleikoum,
    Qu’elle article de qualité, j’attends la suite avec impatience.

    2.Posté par mougui8 le 12/10/2009 12:24
    As salamou 3aleykoum

    Masha ALLAH, superbe article!

    Triste que ce soit finalement si court….

    j’attends egalement la suite insha ALLAH avec (im)patience!

    Barak Allahou Fiki

    Wa 3aleykoum as salam
    http://www.mespatisseries.fr

    3.Posté par siana le 12/10/2009 12:41
    As salamû’alaykûm

    Barakallah’u fik pour cette article très utile, j’attends également la suite!

    4.Posté par oumzak le 12/10/2009 14:44
    salem aleykoum, à quand la suite inchallah !!!

    5.Posté par latifa z. le 12/10/2009 17:35
    salamaleykoum très interessant j’attend la suite egalement avec impatience.

    6.Posté par Amatu-l-Lâh le 14/10/2009 09:07
    As-salâmu’alaykum

    Très intéressant et très important, barakaLlâhu fiki.

    7.Posté par mariam le 09/11/2009 14:23
    salem aleykoum,

    pour mieux connaitre sa fécondité ,je vous conseille la méthode billings
    - c’est simple
    - c’est 100 % naturel
    - c’est gratuit !
    - c’est réversible : pour avoir une grossesse, puis pour différer
    il y a même des monitrices bénévoles si on a des difficultés…

    le site http://www.methode-billings.com à visite absolument !

    http://www.methode-billings.com

    8.Posté par nathalie le 09/12/2009 11:50
    Superbe article!
    Je pratique depuis 3 mois cette méthode qui m’est inculquée dans un cadre catholique, et je suis complètement satisfaite. Les messages que vous transmettez sont tout à fait similaires aux messages que je reçois et je trouve ça super de voir les 2 religions être d’accord sur le sujet!
    C’est super important pour une femme de connaître sa fertilité naturelle, et ce, qu’elle soit musulmane, catholique ou athée… ça devrait peut être même être inculqué à l’école!
    Bonne continuation!

    9.Posté par Marie Imane le 10/12/2009 14:18
    la suite sur les moyens « classiques » de contraception est en ligne, l’occasion pour moi de faire le tour de vos commentaires. Je n’avais encore jamais lu les derniers…
    a toutes celles qui attendaient, mes excuses pour le delais, merci de vos remarques encourageantes, La louange est a Dieu, alLah Malik alHamd.
    a Mariam et aux autres, nous parlerons de la methode Billings lorsque nous aborderons l’observation de la glaire cervicale inchaAllah.
    A Nathalie, oui nous sommes similaires, toute femmes que nous sommes, en dehors de nos religions. Par ailleurs, la religion appartenant a Dieu, qui nous a enseigné, il est logique que nos préoccupations se rejoingnent aussi.
    Je pense que tu es instruite par le CLAIR sur l’auto-observation ? Billings aussi est au depart une impulsion rattachée aux christianisme. Nous avons beaucoup a prendre les uns des autres, et c’est pour cela que Dieu nous dit dans le coran que s’Il l’avait voulu Il aurait fait de nous une seule communauté, mais Il a préféré nous faire différents pour que nous nous entre connaissions.
    Et c’est a Dieu qu’appartient La Sagesse.

    la suite donc par ici…le lien sous ma signature…

    Marie Imane
    http://www.mm-blog.fr/Les-modes-de-contraception_a1509.html

  2. Assalamou 3aleykoum warahmatou Allah
    macha Allah pour cet article, j aimerais lire la suite mais je n y parviens pas, est ce normal?? pouvez vous m aidez incha Allah

    barak Allahou fikounna

  3. wa aleykoum assalamou wa rahmatullahi wa barakatuhu

    wa fiki Lbarakah

    la suite avec ce lien inchaAllah
    http://www.mm-blog.fr/2009/12/contraception/

    ou en copier-coller, si le lien n’est pas activé.

    assalamou aleykoum wa rahmatullah

    Marie Imane