Carnet de voyage: Djibouti part II
Vous souvenez peut être de mon billet sur Djibouti relatant mon tout premier jour là bas. Si vous n’avez pas encore lu cette note, cliquez ici!
Eh bien comme promis, voici la suite de mon carnet de voyage. Je vais commencer à vous raconter un peu la vie là bas.
Je commencerai par le plus important : non non pas l’alimentation voyons, j’y reviendrai plus tard. Le plus important disais-je : l’Islam à Djibouti. Je ne pourrai vous parler que de ce que j’ai vu et vécu sur place durant ces trois semaines, mes appréciations risquant d’être subjectives. Cela dit en peu de temps on parvient à se faire une idée assez juste je crois…
Tout d’abord, c’est bien simple il y a des mosquées partout ma cha Allah. On ne peut pas faire 500 mètres sans voir une mosquée. Il y en a des petites, des grandes, des saoudiennes, des koweïtiennes, des plus populaires, des jolies, voire splendides, d’autres moins jolies mais il y règne toujours la même ferveur. Les hommes, les enfants, les femmes, les vieux, les jeunes, … tout le monde y est bienvenu, avec bien sûr une très grande majorité d’hommes à chaque prière obligatoire.
Le temps s’arrête cinq fois par jour, les rues ne sont pas désertes mais on sent qu’à chaque Adhan il se passe quelque chose de spécial : les croyants vont honorer leur devoir en allant prier. D’ailleurs ce qui m’a frappée c’est qu’à défaut de trouver des aires d’autoroutes (!!) on peut trouver ce que j’ai appelé des « mosquées d’autoroute » il me semble tous les 30 kilomètres sur les plus grands axes routiers (en photo). Pour aller au lac Assal (à 80 kilomètres de la ville) nous avons croisé plusieurs de ces jolies mosquées.
On m’a souvent parlé de très bonnes madrassas, pour les adultes ou les enfants, des écoles où l’on apprend l’Islam dans sa globalité, du Coran (exégèse, tajweed) au fiqh en passant par les hadiths, etc.…Apparemment, ces écoles se développent beaucoup compte tenu de la demande.
Dans ce pays, il n’existe pas vraiment de pression sociale pour imposer la religion aux gens. Depuis plusieurs années, les Djiboutiens ont assisté à un réel regain de foi dans leur pays, avec une recherche de la Sunnah et un rejet des traditions (comme le culte des saints, ce que l’on voit dans de nombreux pays musulmans). Il n’y a pas eu de pression, de lavage de cerveau comme certaines mauvaises langues auraient envie de le croire; des gens ont étudié, ont appris, ont parfois voyagé et se sont tournés vers leur religion ma cha Allah de leur propre gré. C’est beau.
On ne blâmera pas une femme si elle ne porte pas le hijab, on aura beaucoup de respect et d’égards pour celle qui est couverte. En dix ans, mon mari m’a dit découvrir un autre paysage à Djibouti : énormément de femmes se sont voilées, d’elles mêmes, après avoir étudié, parfois même avec
l’étonnement de leur mari. Il y a plusieurs manières de porter le voile là bas, certaines sont un peu fashion comme ici, mais c’est assez rare. De très nombreuses sœurs portent le jilbab ma cha Allah (version somalienne) ou encore des robes colorées avec de grands châles. C’est très beau de voir autant de femmes se préserver et exister au sein d’une société.
Je me suis souvent fait la réflexion suivante lors de ce séjour. Si seulement les gens pouvaient voyager un peu plus, ils seraient confrontés à une autre vision de l’Islam. A part la télévision, les best seller en librairie décrivant le calvaire de pauvres femmes bafouées et martyrisées, quelle image a-t-on des femmes musulmanes ? Une chanson de Sardou par ci, un reportage sur TF1 par là… Mais au fond, voir de ses propres yeux, non pas à travers le prisme des médias, n’est ce pas nécessaire pour lire et comprendre le monde ?
J’en ai eu la conviction profonde. J’ai beaucoup observé les gens là bas, sans curiosité mais plutôt pour m’imprégner de leur culture, de leur façon de vivre. J’aurais aimé dire à mes parents que toutes les femmes voilées ne l’étaient pas de force, que ce n’était pas un rabaissement, une dévalorisation du genre féminin, voire une diabolisation du corps. J’aurais aimé dire qu’être une femme peut être merveilleux quand on n’a pas à se montrer pour prouver qu’on existe.
J’ai rencontré une sœur convertie vraiment très accueillante, gentille et douce. Elle s’est très bien intégrée et vit à la djiboutienne depuis plusieurs mois ma cha Allah. J’ai d’ailleurs croisé un bon nombre de convertis là bas, surtout des hommes. Visiblement les gens aiment ce pays et la
grande majorité des djiboutiens venant faire leurs études en France ou ailleurs reviennent au bercail. Je les comprends !
La vie est douce, pas de prise de tête. On travaille du petit matin à l’après midi, vers 14h (cela se fait moins avec les entreprises privées, ceci dit, la sieste est pour tout le monde, même le président à mon avis vu la chaleur !), pour ce qui est des courses, on trouve des supermarchés comme en France, ou des petits marchés pour les fruits et légumes, des petites épiceries à chaque coin de rue.

En ce qui concerne la nourriture, je m’attendais à quelque chose de détonnant, de très original compte tenu du métissage de la population Djiboutienne et de sa situation géographique, véritable carrefour entre l’Afrique et l’Orient. Eh bien j’ai mangé presque tous les jours des spaghettis à la viande (moi qui n’en mange que très rarement, j’étais en manque de vert !). Toujours la même base au quotidien: tomates, oignons et piment vert. Avec cette base on change la viande ou le féculent (riz, pâtes, pommes de terre… parfois une p’tite carotte) ou on cuisine avec des légumineuses (lentilles, fèves…). C’était tout de même délicieux et très rassasiant. Les repas sont très copieux et pas de chichi, on ne se gave pas entre les repas comme ici. Ceci concerne l’alimentation quotidienne, chez la grande majorité des gens. Alhamdoulilah c’est déjà énorme de pouvoir manger à sa faim. A la fin du repas, vers 15h, des petits mendiants sonnent à la porte et viennent chercher les restes. Ce sont pour la plupart des réfugiés somaliens ou éthiopiens. Rien ne se perd, on partage.
A Djibouti ville, si vous avez envie de changement vous trouverez plein de restos super sympas, pas chers (vraiment pas chers !) qui feront chavirer vos papilles. On nous a invités dans plusieurs
restaurants : typiques avec à la carte des hamburgers/frites, spécialité locale lol, indien, chinois (un vrai bonheur de pouvoir manger ENFIN chinois sans avoir peur de trouver de la viande haram dans les p’tits nems), yéménite (pour les amateurs de poisson, un délice), français (eh oui j’ai dégusté des coquilles st jacques à la normande le jour de mon départ avec au dessert une tarte Tatin… un comble).
L’hospitalité djiboutienne n’est pas à démontrer, ce sont des personnes très chaleureuses et accueillantes, on se sent chez soi dès qu’on pose ses bagages dans ce pays.
Je vous décrirai bientôt des paysages là bas, des sites à visiter. La découverte de la nature nous donne envie d’écrire, c’est un vrai voyage intérieur qui s’opère, j’ai très envie de vous en parler. Je n’arrive pas encore par contre à relater mon retour en France et l’arrestation de mon mari par la police des frontières, c’est encore sensible. Peut être qu’en écrivant au contraire je parviendrai à apaiser les tensions que je ressens plusieurs mois après cet incident. Je vais le faire très bientôt in cha Allah.
A très vite pour la suite de mon carnet de voyage à Djibouti !



22. mai, 2008 écrit par 















1.Posté par oum aimen le 22/05/2008 08:32
salem aleykoum
merveilleux voyage machaallah ! et vraiment tu sais faire partager ton beau voyage
barakallahoufike mais c vrai que je ne voyais djibouti de cette manière
j’aimerais y être !!
à bientot pour la suite oukhti
2.Posté par grang-mère claudine le 22/05/2008 09:21
Bonjour , me revoilà !
Comme à chaque fois , je suis très sensible à vos témoignages de foi .
Quelques impressions qui , j’espère , ne vous feront pas bondir !
» je voyage un peu (dans des pays musulmans pour ce qui nous concerne ) »
» je n’aime pas Sardou , ni les chansons , ni le personnage »
» je ne regarde pas TF1 »
» je sais que vous , comme ma fille , n’êtes pas voilée de force »
Mais , je sursaute quand vous écrivez :
» j’aurais aimé dire qu’être une femme peut être merveilleux quand on n’ a pas à se montrer pour exister »
Je n’ai jamais eu la sensation d’être obligée de montrer mes » charmes » pour exister
J’admets votre position mais admettez vous la mienne ?
Le partage dans les pays musulmans , je suis bien d’accord que c’est autre chose que chez nous , on n’offre pas l’hospitalité au premier passant .
Et ce voyage intérieur face à la nature , j’y suis très sensible et je le fais presque tous les jours , mais sans référence religieuse .
Mises à part nos façons différentes de voir les choses , je trouve que vous avez fait un très beau voyage !
Au fait toujours pas de mamans de converties pour discuter ??
Bonne journée à toutes .
Claudine .
3.Posté par caro le 22/05/2008 09:29
b[salamalaykoum
ahlalalalala.la suite est tout aussi bien rédigée et intéressante que la première partie,d’autant que djibouti n’est pas une destination très « connue »,ça laisse entrevoir d’autres horizons pour celles qui désirent faire hijjra ailleuirs que dans les pays du maghreb..j’avais lu sur fourqane le témoignage d’un frère qui avait fait hijjra à djibouti avec sa femme et fille,et ça recoupe parfaitement ta vision,seulement lui c’était plus focaliser sur l’aspect économique,et toi sur l’aspect humain,ça se complète…
c’est vraiment une bouffée d’air ce petit résumé de tes trépidantes aventures machAllah!!!!!
encore encore encore!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
:))))))))))))
http://jemangedoncjesuis.wordpress.com
4.Posté par oum hakim le 22/05/2008 09:59
Assalamou aleykoum;
merci pour ce recit mash’Allah!
la suite! la suite! la suite!
5.Posté par sawsen le 22/05/2008 15:32
salam’alaykum,
merci chère nourra pour ce récit, j’avais l’impression d’y être!
ça donne très envie d’y aller, j’aime l’aspect eclectique de ce pays macha’Allah
une question: compte-tu y vivre? ou est-ce que tu n’est pas prête de quitter la france? (c’est juste une question comme ça, il n’y a rien derriere.)
on ne le dira jamais assez, mais les voyages forgent l’individu! c’est si enrichissant!
pour ce qui est de l’incident avec ton mari, si tu veux on peut en parler, je connais aussi une soeur à qui s’est arrivé.
en tout les cas le fait de l’écrire te permettra de bien classer cette histoire dans votre passé,
bises
houda (oum Ayman)
6.Posté par Nourra/Emilie/ Oum Ishaq le 22/05/2008 19:06
Bonjour, Salam aleykoum!
Chère Claudine, vos messages me font toujours plaisirs et j’aime y répondre :)
Je m’adresse dans le passage que vous citez aux personnes qui croient qu’une femme ne peut exister si elle est musulmane, voilée en l’occurrence. Je ne parlais pas nécessairement de « charmes » mais plutôt aux détracteurs du hijab qui affirment qu’être voilée c’est se rendre inférieure, se diminuer. Là je dis « non », j’ai vu que dans un autre pays ce n’était pas le cas, on peu être musulmane, pratiquer sa religion et exercer un emploi sans avoir à retirer son voile et suivre la mode occidentale, sans assimilation.
Lorsque je parle de Sardou et cie, c’est en réponse à des réflexions personnelles. Une amie me demandait si j’attirais les cinglés, il faut croire que c’est le cas (mon côté Bisounours…). Je m’adressent à ces gens là, ceux qui n’arrivent pas à penser que nous pouvons être des personnes normales. Vous vivez l’Islam à votre manière, à travers la conversion de votre fille. La plupart des gens ne se documentent pas, ou mal et n’ont de vision de l’Islam qu’à travers certains médias. Avec un peu de chance, avec certains billets de ce blog on réussira à faire changer le regard de ces gens sur nous. Ce serait une vraie victoire.
Donc oui je comprends et j’intègre tout à fait votre position. On peut être humaniste sans être croyant, on peut être bien intentionné sans croire tout comme des gens croyant en Dieu peuvent être de véritables pourritures et faire le mal autour d’elles. Moi c’est vrai, je vis ma vie à travers ma croyance :-)
Pour les autres soeurettes: wa fikounna barak Allah, merci pour vos commentaires! Là j’avoue je suis très occupée avec mes révisions et mon mémoire à rendre bientôt in cha Allah (dur dur!) donc la 3ème et dernière partie ce sera pas pour tout de suite, sauf si je suis au bord du black out et que j’ai besoin de décompresser :))
7.Posté par sawsen le 22/05/2008 19:41
salam’alaykum,
tiens bon c’est la derniere ligne droite,
moi aussi je suis encore dans les revisions et j’espere valider mon année incha’Allah, c’est vrai qu’avec une famille dont il faut s’occuper et les tâches ménagères il ne reste pas tellement de temps!
qu’Allah nous facilite! amine!
et un coucou à claudine: je trouve admirable de votre part de vouloir discuter avec d’autres mamans de converties, en général les converties que je connais n’ont pas la chance d’avoir des familles ouvertes, c’est plutot le contraire hélas!
bien @ vous.
8.Posté par aida le 22/05/2008 22:26
as salamou alaykoum,
soubhanallah!!! Il y a quelques jours je regardais une vidéo sur Daily Motion qu’une soeur (ayant fait hijra) a fait sur Djibouti et j’ai pensé à toi Nourra. Masha Allah superbes paysages, mosquées, ……on ressentait un vrai bien être dans ce pays. Et ça m’a vraiment donné envie d’y vivre soubhanallah. Pourquoi pas insha Allah. Barakallahu fik ma soeur pour ce partage. Bon courage à toi pour tes révisions.
As salamou alaykoum
9.Posté par oum sa’d le 22/06/2008 17:12
assalaam aleykoum
la suite, la suite loool
mashaAllah on a envi d’y vivre pour toujours soubhannAllah.
par contre pr ce retour en france ça à dû tout gâcher, soubhannAllah une nouvelle motivation pour repartir définitivement.
10.Posté par salma le 30/06/2008 12:43
salamou’leykoum
j’ai tou tes recit sur djibouti macha’allah
je voudrai savoir si je pouvai rentre en contactavec toi car mon mari et moi sommes converti et nous voulon faire hijra incha’allah a djibouti dans les moi a venir et je voudrai avoir des renseignements.barakallahoufik
si tupeu me repondre incha’allah si mon e mail est visible par toi envoi moi un e mail ou alor repon moi sur ce site .