Envie de fraises?

Envie de fraises?

Qui n’a pas vu (ou goûté?) à ces énormes fraises qu’on voit sur tous les étals des marchés ou des grandes surfaces… Voici un article qui, sans nul doute, donne à réfléchir! Bonne lecture et merci à Alia78 de nous avoir envoyé ce texte! Si vous avez envie de partager ce que vous avez lu, ce qui vous a marqué, n’hésitez pas!

Très instructif ! D’ici à la mi-juin, la France aura importé d’Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d’être mûrs, et
ressemblant à des tomates. Avec d’ailleurs à peu près le goût des tomates…

Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d’avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion.

À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d’échappement.

Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l’Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l’une des plus fabuleuses réserves d’oiseaux migrateurs et nicheurs d’Europe.

Il aura fallu qu’une équipe d’enquêteurs du WWF – France s’intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l’aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d’ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu’ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.

Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiète déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.

Les fraisiers destinés à cette production, bien qu’il s’agisse d’une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année. Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l’hiver, pour avancer leur production. À l’automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyle et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le
protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d’ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d’ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.

Qui s’en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d’œuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au cœur de l’hiver.

Un écologiste de la région raconte l’explosion de maladies pulmonaires et d’affections de la peau.

Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d’Andalousie, entraîne l’exode des oiseaux migrateurs et
la disparition des derniers lynx Pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu’une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.

La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n’importe où, soit brûlées sur place… Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de
s’exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas où les produits nocifs
qu’ils….ont…respiré………………………………………

La production et l’exportation de la fraise espagnole, l’essentiel étant vendu dès avant la fin de l’hiver et jusqu’en avril, représente ce qu’il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l’esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au
Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s’installer. Avant de venir de Chine, d’où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises…

par Claude-Marie Vadrot
Politis jeudi 12 avril 2007

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1 Commentaire pour “Envie de fraises?”

  1. 1.Posté par oum aimen le 29/04/2008 12:51
    salem aleykoum

    après muuure réflexion ! nous allons nous passer des fraises espagnoles,
    beurk !! en plus la main d’oeuvre me fait mal au coeur
    c’est vrai qu’elles n’avaient pas de gout (nous on rajoutait du sucre!)
    bon esce qu’on peut manger les fraises françaises ?? ou c’est le meme tralala ?

    barakallahoufikoum pour l’info

    2.Posté par alia78 le 29/04/2008 15:59
    Salam aleykoum!

    De rien pour l’article ! Je me suis dis que les fraises et les femmes enceintes font souvent bon ménage donc ça pouvait être utile à savoir inch’Allah…

    Pur répondre à Oum Aimen je pense (Allah ouahlem) que les fraises françaises sont bonnes à la consommation à condition bien sûr que ce soit la saison.

    J’ai encore en tête le bon goût de fraises gariguette mangée l’année dernière miam miam!!! Ca donne envie rien que d’en parler :-)

    Gros bisous
    http://laurenceh.typepad.com

    3.Posté par Sarah le 29/04/2008 16:38
    Salamoualikoum,

    Je trouvais aussi qu’il y avait un problème quand 500gr de fraises d’espagne coute 1 € et 500 gr de fraises belges sont à 3 € je me disais bien qu’il y avait quelque chose de bizar et puis au niveau du goût, c’est incomparable… Bon bref on se passera de ces fraises là alors…
    http://sarahalmoualima.canalblog.com/

    4.Posté par Safyia le 29/04/2008 22:59
    Salam Alaîkoum

    le vendeur de fruit qui m’a vendu des fraises cette semaine (du sud de la france, très sucrées!) m’a dit de faire attention aux vendeurs de fruits qui ont les mains toutes rouges en vendant des fraises : elles ont du colorant (elles viennent d’espagne bien sûr)! je n’ai pas trouvé d’article qui confirme cela sur le net, mais si c’est vraiment le cas, c’est écoeurant!

    merci pour l’article!

    5.Posté par caro le 30/04/2008 11:23
    salamalaykoum, j’avais justement lu un article similaire hier ici
    //www.cuisine-campagne.com/index.php?2008/04/28/322-tiramisu-a-la-fraise-et-a-la-rhubarbe#comments,ça confirme l’article de oumalia…
    et pis si l’envie de fruits rouges nous submergent avant la saison,ben y’a toujours les surgelés..hein..;)

    http://jemangedoncjesuis.wordpress.com